Archive de la catégorie «Homme»

décembre 9, 2006

Fichtela promotion de la vie et la mort

“Toute mort dans la nature est naissance, et c’est justement dans l’agonie qu’est rendue visible l’élévation de la vie. Il n’y a pas dans la nature de principe qui tue, car la nature n’est que vie; ce n’est pas mort qui tue, mais la vie plus vivante qui commence, cachée derrière la vieille vie, et se développe. La mort et la naissance ne sont que la lutte de la vie avec elle-même, pour s’exposer toujours plus transfigurée et plus semblable à elle-même. Et ma mort pourrait-elle être autre chose – ma mort à moi, qui ne suis nullement une simple présentation et une simple reproduction de a vie, mais qui porte en moi-même la Vie originaire, la seule qui soit vraie et essentielle? Il n’est pas du tout pensable que la nature puisse anéantir une vie qui ne provient pas d’elle; cette nature qui n’est pas cause que je vis, mais qui ne vit elle-même qu’à cause de moi.

Mais même ma vie naturelle, même cette simple présentation aux yeux de l’être fini de la vie intime et invisible, elle ne peut pas l’anéantir, car il lui faudrait sinon pouvoir s’anéantir elle-même; elle qui n’existe que pour moi et à cause de moi, et qui n’est pas si ne je suis pas. C’est précisément parce qu’elle me tue qu’elle dot à nouveau me vivifier; c’est seulement devant mas vie supérieure, que se développe en elle, que ma vie actuelle peut disparaître; et ce que le mortel appelle la mort est le phénomène visible d’une seconde vivification”.

décembre 9, 2006

Henri BergsonLe mysticisme et l’expérience du divin

” Le mysticisme… doit fournir le moyen d’aborder en quelque sorte expérimentalement el problème de l’existence et de la nature de Dieu. Nous ne voyons pas, d’ailleurs, comment la philosophie l’aborderait autrement. D’une manière générale, nous estimons qu’un objet qui existe est un objet qui est perçu ou qui pourrait l’être. il est donc donné dans une expérience, réelle ou possible. Libre à vous de construire l’idée d’un objet ou d’un être, comme le font les géomètres pour une figure géométrique; mais l’expérience seule établira qu’il existe effectivement en dehors de l’idée ainsi construite. Direz-vous que toute la question est là, et qu’il s’agit précisément de savoir si un certain Etre ne se distinguerait pas de tous les autres en ce qu’il serait inaccessible à notre expérience et pourtant aussi réel qu’eux? Je l’admet un instant, encore qu’une affirmation de ce genre, et les raisonnement qu’on y joint, me paraissent impliquer une illusion fondamentale. Mais il restera à établir que l’Etre ainsi défini, ainsi démontré, est bien Dieu”.

Les Deux Sources de la Morale et de la religion, P.U.F. p.255.

décembre 8, 2006

SpinozaSe tenir dans la Joie

“Qui sait droitement que tout suit de la nécessité de la nature divine et arrive suivant les lois et règles éternelles de la nature, ne trouvera vertes rien qui soit dire de haine, de raillerie, ou de mépris, et il n’aura de commisération pour personne; mais autant que le permet l’humaine vertu, il s’efforcera de bien faire, comme on dit, et de se tenir en joie. a cela s’ajoute que celui qui est facilement affecté de commisération et ému par la misère ou les larmes d’autrui, fait souvent quelque choses de quoi plus tard il se repent; d’une part, en effet, nous ne faisons rien sous le coup d’une affection que nous sachions avec certitude être bon, de l’autre nous sommes facilement trompé par de fausses larmes.;”

décembre 8, 2006

Parménideles caractères de l’Etre

“Il y a une foule de signes que l’Etre est incréé, impérissable, car seul il est complet, immobile et éternel. on ne peut dire qu’i a été ou qu’il sera, puisqu’il est )à la fois tout entier dans l’instant présent, un, continu. en effet, quelle naissance lui attribuer? Comment et par quel moyen justifier son développement? Je ne te laisserai ni dire ni penser que c’est pas le non-être… L’Etre n’a ni naissance ni commencement… Diké ne relâche pas ses chaînes et ne permet ni la naissance ni la mort, mais maintient fermement ce qui est…

L’Etre n’est pas non plus divisible, puisqu’il est tout entier identique à lui-même; il ne subit ni accroissement, ce qui serait contraire à sa cohésion, ni diminution, mais tout entier il est rempli d’Etre; aussi est-il entièrement continu, car l’Etre est contigu à l’Etre.

D’autre part, il est immobile, contenu dans l’étreinte de liens puissants, il est sans commencement et sans fin, puisque nous avons repoussé absolument l’idée de sa naissance et de sa mort, à quoi répugnent du reste notre conviction et notre sens de la vérité. Il demeure identique à lui-même, dans le même état et par lui-même. ainsi reste-il immuable, à la même place, car la puissance Nécessité le maintient étroitement dans ses limites qui l’enserrent de toutes parts”.

décembre 8, 2006

Parménide La voie de l’Etre

“Et bien donc! Je vas parler; toi, écoute et retiens mes paroles qui t’apprendront quelles sont les deux seules voies d’investigation que l’on puisse concevoir. La première dit que l’Etre est ce qu’il n’est pas possible qu’il ne soit pas. c’est le chemin de la certitude, car elle accompagne la vérité. L’autre, c’est : l’Etre n’est pas et nécessairement le non-être est. Cette voie est un étroit sentier où l’on ne peut rien apprendre. Car on ne peut saisir par l’esprit le non-être, puisqu’il est hors de notre portée, on ne peut pas non plus l’exprimer par des paroles, en effet, c’est la même chose que penser et être.

De toute nécessité, il faut dire et penser que l’Etre est, puisqu’il est l’Etre. quand au non-être, il n’est rien, affirmation que je t’invite à bien peser. D’abord écarte ta pensée de cette voie de recherche que viens de condamner; fais en autant pour celle où errent de-ci de-là les hommes ignorants à double visage. L’embarras de leur pense pousse en tous sens leur esprit incertain; ils se laissent entraîner, sourd et aveugle, hébétés, foule irréfléchie pour laquelle être et n’être pas, c’est et ce n’est pas la même chose, leur opinion est qu’en tout il existe une route qui s’oppose à elle-même”.

décembre 8, 2006

Par-delà le bien et le mal, § 259, trad. G. Bianquis, UGE, 10 / 18, 1970.

Il faut aller ici jusqu’au tréfonds des choses et s’interdire toute faiblesse sentimentale : vivre, c’est essentiellement dépouiller, blesser, violenter le faible et l’étranger, l’opprimer, lui imposer durement ses formes propres, l’assimiler ou tout au moins (c’est la solution la plus douce) l’exploiter ; mais pourquoi employer toujours ces mots auxquels depuis longtemps s’attache un sens calomnieux ? Le corps à l’intérieur duquel, comme il a été posé plus haut, les individus se traitent en égaux c’est le cas dans toute aristocratie saine est lui-même obligé, s’il est vivant et non moribond, de faire contre d’autres corps ce que les individus dont il est composé s’abstiennent de se faire entre eux. Il sera nécessairement volonté de puissance incarnée, il voudra croître et s’étendre, accaparer, conquérir la prépondérance, non pour je ne sais quelles raisons morales ou immorales, mais parce qu’il vit, et que la vie, précisément, est volonté de puissance. Mais sur aucun point la conscience collective des Européens ne répugne plus à se laisser convaincre. La mode est de s’adonner à toutes sortes de rêveries, quelques-unes parées de couleurs scientifiques, qui nous peignent l’état futur de la société, lorsqu’elle aura dépouillé tout caractère d’ « exploitation ». Cela résonne à mes oreilles comme si on promettait d’inventer une forme de vie qui s’abstiendrait de toute fonction organique. L’« exploitation » n’est pas le fait d’une société corrompue, imparfaite ou primitive ; elle est inhérente à la nature même de la vie, c’est la fonction organique primordiale, une conséquence de la volonté de puissance proprement dite, qui est la volonté même de la vie. à supposer que ce soit là une théorie neuve, c’est en réalité le fait primordial de toute l’histoire, ayons l’honnêteté de le reconnaître.

Littérature / Philosophie / Art / Science / Politique

décembre 8, 2006

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